Une inflammation chronique de l’intestin peut être le signe d’une MICI, comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique. Cet article décrit ces deux maladies, leurs symptômes, leurs causes connues, le diagnostic, les traitements et le suivi. Il précise aussi ce que l’alimentation et les compléments à base de phycocyanine peuvent apporter, et ce qu’ils ne peuvent pas faire.
Que sont les MICI et d’où viennent-elles ?
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) touchent la paroi du tube digestif et évoluent sur de nombreuses années. Pour les comprendre, il faut distinguer deux maladies, situer leurs lésions et examiner les mécanismes qui entretiennent l’inflammation.
Deux maladies inflammatoires chroniques
Les MICI regroupent principalement deux maladies : la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, ou RCH. Chacune est une maladie inflammatoire chronique à médiation immunitaire : le système immunitaire entretient une inflammation qui alterne des poussées et des périodes de rémission.
Le terme de maladies auto-immunes reste imprécis pour les décrire. Leur mécanisme ne se résume pas à une attaque de l’organisme contre ses propres tissus, comme dans les formes classiques.
En France, 329 300 personnes étaient prises en charge pour une MICI en 2024, selon l’Assurance Maladie. Ce chiffre représente 4,87 personnes pour 1 000 parmi celles qui ont eu au moins un soin remboursé, d’après la cartographie des maladies inflammatoires chroniques intestinales. Ce décompte ne recense pas nécessairement toutes les personnes atteintes.
Ce qui distingue Crohn de la RCH
La maladie de Crohn peut toucher tout le tube digestif, de la bouche à l’anus. Elle atteint souvent l’iléon terminal, c’est-à-dire la fin de l’intestin grêle, ainsi que le côlon. Ses lésions peuvent être discontinues, séparées par des zones saines, et traverser toute l’épaisseur de la paroi intestinale.
À l’inverse, la RCH débute dans le rectum et peut remonter plus ou moins loin dans le côlon. Ses lésions sont généralement continues et touchent surtout la muqueuse intestinale. Par définition, elle n’atteint pas l’intestin grêle. Autre point important : les fistules et les sténoses, ou rétrécissements, sont caractéristiques de certaines formes de Crohn et beaucoup moins typiques de la RCH.
Critère
Maladie de Crohn
Rectocolite hémorragique
Zone touchée
Tout le tube digestif, souvent l’iléon terminal et le côlon
Rectum, avec extension possible au côlon
Répartition des lésions
Souvent discontinue
Généralement continue
Profondeur
Toute l’épaisseur de la paroi
Surtout la muqueuse
Intestin grêle
Fréquemment atteint
Non atteint dans la définition habituelle
Fistules et sténoses
Caractéristiques de certaines formes
Beaucoup moins typiques
Des causes multiples, sans facteur unique
Aucune cause unique n’explique les MICI. Elles résultent d’interactions entre susceptibilité génétique, environnement, microbiote, barrière intestinale et réponse immunitaire. Au niveau cellulaire, l’inflammation passe par des cytokines, des messagers immunitaires comme le TNF-α, l’IL-12 et l’IL-23. Certains traitements ciblent précisément ces voies.
Le microbiote mérite une lecture prudente. Les bactéries intestinales des personnes atteintes présentent bien des perturbations, mais cette association ne prouve pas que le microbiote cause à lui seul la maladie. Elle ne prouve pas non plus qu’un simple « rééquilibrage » puisse la guérir.
Certains facteurs environnementaux sont mieux documentés. Le tabagisme aggrave la maladie de Crohn et augmente les rechutes ainsi que le recours à la chirurgie. Dans des études observationnelles, une forte consommation d’aliments ultra-transformés est associée à un risque accru de Crohn, sans preuve qu’un aliment précis déclenche une poussée.
Quels symptômes évoquent une MICI ?
Les signes d’une MICI dépendent de la maladie, de la localisation des lésions et de l’intensité de l’inflammation. Certains sont digestifs, d’autres concernent l’état général ou d’autres organes. Quelques-uns justifient une consultation sans délai.
Les signes digestifs à reconnaître
Les principaux symptômes digestifs associent des douleurs abdominales, une diarrhée persistante, parfois nocturne, et des envies urgentes d’aller à la selle. Dans la RCH, les selles peuvent contenir du sang ou des glaires. Selon l’Assurance Maladie, les rectorragies, c’est-à-dire des saignements par l’anus, concernent plus de 90 % des cas.
La fréquence des selles indique l’intensité d’une poussée. Dans la RCH, elle peut aller de 4 à 20 selles par jour, selon l’étendue et l’intensité des lésions. De fausses envies ou une sensation d’évacuation incomplète sont également possibles.
Les manifestations au-delà de la diarrhée
La maladie de Crohn peut aussi provoquer des ballonnements, de la fièvre et une perte de poids. Elle peut également toucher la région anale : fissures, abcès, fistules ou écoulements. Une inflammation intestinale importante peut entraîner fatigue, perte d’appétit, anémie ou carences. Chez l’enfant, un ralentissement de la prise de poids ou de la croissance peut être un signe de la maladie.
Les MICI peuvent aussi toucher les articulations, la peau, les yeux ou la bouche. L’Assurance Maladie estime que ces manifestations extra-digestives concernent environ 10 % des personnes atteintes de RCH. Ce chiffre varie selon les définitions retenues et les populations étudiées.
Quand demander une évaluation rapide ?
Certains signes justifient une évaluation médicale rapide, même s’ils ne suffisent pas à confirmer une MICI :
Saignement : sang visible dans les selles ou selles noires.
Diarrhée nocturne : persistante, au point de réveiller la nuit.
Douleur et fièvre : douleur abdominale intense ou fièvre sans explication.
Amaigrissement : perte de poids importante.
Selon l’Assurance Maladie, une RCH avec plus de 6 selles sanglantes par jour, de la fièvre et un amaigrissement rapide doit être évaluée en urgence à l’hôpital. Dans la maladie de Crohn, des vomissements avec arrêt du transit, une douleur inhabituelle ou une suspicion d’abcès ou d’occlusion justifient un bilan rapide. Une sténose, une fistule ou une perforation peuvent en effet compliquer la maladie.
Comment diagnostique-t-on une MICI en France ?
Aucun examen ne confirme à lui seul une MICI. Le médecin rassemble plusieurs éléments : le bilan biologique, l’exploration endoscopique et l’analyse des tissus. Le parcours de soins aboutit ensuite à une prise en charge adaptée.
Analyses de sang et de selles
Le diagnostic d’une MICI combine les symptômes, les analyses biologiques, l’endoscopie, les biopsies et parfois l’imagerie : une prise de sang seule ne suffit pas. Le bilan biologique comprend généralement plusieurs dosages :
CRP : protéine qui signale une inflammation dans l’organisme.
Hémoglobine : recherche d’une anémie.
Ferritine : évaluation des réserves en fer.
Autres dosages : prescrits selon la situation clinique.
L’analyse des selles permet d’écarter une infection. La calprotectine fécale mesure l’inflammation intestinale, mais une valeur élevée n’est pas propre aux MICI. En France, son dosage n’est actuellement pris en charge qu’en établissement hospitalier, selon l’Assurance Maladie.
Endoscopie, biopsies et imagerie
L’iléocoloscopie est l’examen central. Une caméra souple explore le rectum, le côlon et l’iléon terminal, ce qui permet de voir les lésions et de prélever des fragments de tissu pour l’analyse.
La répartition des lésions, décrite plus haut pour chaque maladie, oriente le diagnostic. L’analyse microscopique des biopsies s’interprète toujours avec les symptômes et les images endoscopiques.
Dans la maladie de Crohn, une IRM, une échographie, un scanner ou d’autres examens peuvent compléter l’iléocoloscopie, selon les complications suspectées. Ces examens écartent aussi d’autres causes. Le syndrome de l’intestin irritable, par exemple, donne des symptômes proches, mais sans lésions inflammatoires comparables.
Orientation médicale et ALD
Le médecin traitant oriente habituellement vers un gastro-entérologue une personne qui présente des symptômes évocateurs. En revanche, ne pas attendre un rendez-vous ordinaire en cas de signes de gravité.
En France, une MICI peut relever de l’ALD 24, une affection de longue durée, si le diagnostic repose sur des données cliniques, morphologiques et histologiques. L’exonération est accordée pour 3 ans, puis peut être renouvelée. La prise en charge à 100 % en ALD couvre le tarif de l’Assurance Maladie pour les soins liés à la maladie. Elle ne rembourse pas automatiquement les dépassements d’honoraires ni toutes les dépenses de santé.
Quels traitements et quel suivi pour une MICI ?
Les traitements actuels ne guérissent pas les MICI, mais permettent de contrôler l’inflammation. Ils vont des médicaments de première intention aux thérapies ciblées et, dans certains cas, à la chirurgie. Un suivi régulier vérifie ensuite leur efficacité.
Contrôler les poussées et prévenir les rechutes
La prise en charge vise trois objectifs : obtenir la rémission, prévenir les rechutes et obtenir la cicatrisation de la muqueuse, vérifiée notamment par endoscopie. La disparition des symptômes ne suffit pas toujours à prouver que l’inflammation est contrôlée.
Dans la RCH légère à modérée, le traitement fait souvent appel aux aminosalicylés, comme la mésalazine ou 5-ASA. Des corticoïdes peuvent contrôler certaines poussées par cures courtes, mais ils ne sont pas un traitement d’entretien.
Traitements ciblés et chirurgie
Selon la maladie et sa gravité, des immunomodulateurs ou des immunosuppresseurs peuvent être prescrits. Certains permettent notamment de limiter un recours prolongé aux corticoïdes. D’autres traitements bloquent des cibles précises de l’inflammation, selon les indications : les anti-TNF, les traitements visant les intégrines ou les voies IL-12/IL-23, les inhibiteurs de JAK et, parfois, les modulateurs de la voie S1P.
La chirurgie n’a pas le même rôle dans les deux maladies. Dans la maladie de Crohn, elle peut traiter une complication sans guérir la maladie. Dans la RCH, l’ablation du côlon et du rectum peut être nécessaire, et elle peut alors guérir l’atteinte colique.
Suivi et précautions au quotidien
Les symptômes ne reflètent pas toujours l’activité inflammatoire. C’est pourquoi le suivi s’appuie sur des mesures objectives : CRP, calprotectine fécale, endoscopie ou imagerie.
Le suivi porte aussi sur l’état nutritionnel, les carences, la tolérance des traitements, les risques infectieux et les vaccinations. Dans une RCH colique étendue et ancienne, une surveillance endoscopique est nécessaire, car le risque de cancer colorectal est plus élevé.
De nouveaux symptômes ne signalent pas toujours une poussée. Le médecin doit d’abord écarter une infection, un trouble fonctionnel, une sténose ou un effet du traitement. Évitez de prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens sans avis médical. Le lopéramide est également déconseillé pendant une poussée aiguë de RCH, car il expose à une complication grave de la colite.
Quelle place pour l’alimentation et les compléments ?
L’alimentation ne guérit pas une MICI, mais elle contribue à préserver l’état nutritionnel. Les recommandations varient selon la maladie et son activité. Les compléments occupent, eux, une place secondaire, qu’il faut évaluer avec rigueur.
Adapter l’alimentation à sa situation
Aucun régime ne convient à toutes les MICI. L’alimentation dépend de la maladie, de son activité, des symptômes et de l’état nutritionnel. Elle sert surtout à prévenir la dénutrition et les carences, sans remplacer les traitements. Les ajustements possibles dépendent de chaque situation :
Pendant une poussée : réduire temporairement les fibres ou les résidus peut soulager certains symptômes.
En cas de sténose obstructive : les conseils sont définis au cas par cas.
Sur la durée : supprimer de grandes catégories d’aliments sans indication peut favoriser les carences.
Crohn actif : la nutrition entérale exclusive, apportée par des préparations nutritionnelles, est une stratégie thérapeutique reconnue.
La nutrition entérale exclusive, reconnue par le consensus ECCO 2025, a une place particulièrement importante dans certaines formes de l’enfant.
Ce que les données permettent de recommander
Dans la RCH, en revanche, le consensus ECCO 2025 ne recommande aucune intervention alimentaire pour obtenir une rémission. Une fois la rémission obtenue, une alimentation de type méditerranéen peut être envisagée en complément des soins. Le même consensus conseille de limiter les aliments ultra-transformés, sans les exclure totalement. Un régime pauvre en FODMAP peut soulager des troubles de type intestin irritable, mais ne traite pas l’inflammation.
Les compléments ne sont pas recommandés pour maintenir la rémission. Les études précliniques sur la phycocyanine et l’astaxanthine ne démontrent pas d’effet chez les personnes atteintes de Crohn ou de RCH. Une méta-analyse publiée en 2022, portant sur 12 essais et 380 participants, n’a pas non plus montré d’efficacité de l’astaxanthine dans ces maladies.
Les extraits de phycocyanine de Cyanophy
Cyanophy présente PHYCEA PROTECT en unidoses de phycocyanine comme un complément d’accompagnement de l’équilibre inflammatoire, et non comme un traitement des MICI. Chaque unidose de 10 ml apporte 120 mg de C-phycocyanine, extraite de Spirulina platensis bio. PHYCEA PROTECT PURE en poche stérile de 500 ml, sans glycérol ni alcool, contient 12 000 mg/L de phycocyanine : 10 ml en apportent 120 mg, et 20 ml en apportent 240 mg. Après ouverture, il se conserve entre 4 °C et 6 °C, à l’abri de la lumière. PHYCEA 40, sa formule la plus concentrée, est titré à 40 000 mg/L, soit 400 mg de C-phycocyanine par unidose de 10 ml. En cas de MICI ou de traitement en cours, Cyanophy recommande de demander l’avis d’un professionnel de santé avant d’utiliser ces compléments, qui ne remplacent pas les soins prescrits.
Foire aux questions
Peut-on guérir d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin ?
Les traitements médicaux ne guérissent pas les MICI. Ils permettent d’obtenir une rémission, de prévenir les rechutes et de limiter les complications. La chirurgie peut guérir l’atteinte colique de la RCH lorsqu’elle retire le côlon et le rectum. Dans la maladie de Crohn, une opération ne guérit pas la maladie.
Quels aliments faut-il éviter en cas d’inflammation chronique de l’intestin ?
Il n’est pas recommandé d’exclure des aliments de façon systématique. En dehors d’une poussée, l’Assurance Maladie indique que l’alimentation ne déclenche pas l’inflammation de la RCH et ne change pas son évolution. Supprimer durablement fruits, légumes, fibres, céréales ou légumineuses peut entraîner des carences. Un avis diététique est utile en cas d’amaigrissement, de chirurgie ou d’alimentation très restrictive.
Peut-on arrêter son traitement quand les symptômes ont disparu ?
Arrêter son traitement parce que les symptômes ont disparu peut être une erreur, car l’inflammation peut persister. À l’inverse, des troubles digestifs peuvent continuer alors que l’inflammation est contrôlée. Seul le médecin peut juger de l’évolution, à l’aide des examens de suivi.
Les informations de cet article ne constituent pas un avis médical. Elles ne remplacent pas une consultation avec un professionnel de santé.
Découvrez les bienfaits de l’astaxanthine pour les sportifs : récupération musculaire, performance et compléments alimentaires. Guide complet sur l’astaxanthine naturelle.
Découvrez ce qu’est un bilan stress oxydatif, les marqueurs analysés et comment dépister un déséquilibre de vos défenses antioxydantes grâce à un bilan sanguin.
Imaginons un feu d’artifice de bienfaits concentrés dans une seule synergie naturelle! Grâce à l’association unique de la phycocyanine et de l’astaxanthine, leur dosage optimal dans Phycéa 40 (400 à 800 mg) et OXO 8 (16 mg) offre le bouquet final : un effet « 3 en 1 » (antioxydant, anti-inflammatoire et antiviral) qui place ce binôme au-dessus de toutes les autres molécules naturelles au monde, selon les dernières avancées scientifiques.
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Inflammation chronique de l’intestin : comprendre les MICI
Sommaire
Une inflammation chronique de l’intestin peut être le signe d’une MICI, comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique. Cet article décrit ces deux maladies, leurs symptômes, leurs causes connues, le diagnostic, les traitements et le suivi. Il précise aussi ce que l’alimentation et les compléments à base de phycocyanine peuvent apporter, et ce qu’ils ne peuvent pas faire.
Que sont les MICI et d’où viennent-elles ?
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) touchent la paroi du tube digestif et évoluent sur de nombreuses années. Pour les comprendre, il faut distinguer deux maladies, situer leurs lésions et examiner les mécanismes qui entretiennent l’inflammation.
Deux maladies inflammatoires chroniques
Les MICI regroupent principalement deux maladies : la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, ou RCH. Chacune est une maladie inflammatoire chronique à médiation immunitaire : le système immunitaire entretient une inflammation qui alterne des poussées et des périodes de rémission.
Le terme de maladies auto-immunes reste imprécis pour les décrire. Leur mécanisme ne se résume pas à une attaque de l’organisme contre ses propres tissus, comme dans les formes classiques.
En France, 329 300 personnes étaient prises en charge pour une MICI en 2024, selon l’Assurance Maladie. Ce chiffre représente 4,87 personnes pour 1 000 parmi celles qui ont eu au moins un soin remboursé, d’après la cartographie des maladies inflammatoires chroniques intestinales. Ce décompte ne recense pas nécessairement toutes les personnes atteintes.
Ce qui distingue Crohn de la RCH
La maladie de Crohn peut toucher tout le tube digestif, de la bouche à l’anus. Elle atteint souvent l’iléon terminal, c’est-à-dire la fin de l’intestin grêle, ainsi que le côlon. Ses lésions peuvent être discontinues, séparées par des zones saines, et traverser toute l’épaisseur de la paroi intestinale.
À l’inverse, la RCH débute dans le rectum et peut remonter plus ou moins loin dans le côlon. Ses lésions sont généralement continues et touchent surtout la muqueuse intestinale. Par définition, elle n’atteint pas l’intestin grêle. Autre point important : les fistules et les sténoses, ou rétrécissements, sont caractéristiques de certaines formes de Crohn et beaucoup moins typiques de la RCH.
Des causes multiples, sans facteur unique
Aucune cause unique n’explique les MICI. Elles résultent d’interactions entre susceptibilité génétique, environnement, microbiote, barrière intestinale et réponse immunitaire. Au niveau cellulaire, l’inflammation passe par des cytokines, des messagers immunitaires comme le TNF-α, l’IL-12 et l’IL-23. Certains traitements ciblent précisément ces voies.
Le microbiote mérite une lecture prudente. Les bactéries intestinales des personnes atteintes présentent bien des perturbations, mais cette association ne prouve pas que le microbiote cause à lui seul la maladie. Elle ne prouve pas non plus qu’un simple « rééquilibrage » puisse la guérir.
Certains facteurs environnementaux sont mieux documentés. Le tabagisme aggrave la maladie de Crohn et augmente les rechutes ainsi que le recours à la chirurgie. Dans des études observationnelles, une forte consommation d’aliments ultra-transformés est associée à un risque accru de Crohn, sans preuve qu’un aliment précis déclenche une poussée.
Quels symptômes évoquent une MICI ?
Les signes d’une MICI dépendent de la maladie, de la localisation des lésions et de l’intensité de l’inflammation. Certains sont digestifs, d’autres concernent l’état général ou d’autres organes. Quelques-uns justifient une consultation sans délai.
Les signes digestifs à reconnaître
Les principaux symptômes digestifs associent des douleurs abdominales, une diarrhée persistante, parfois nocturne, et des envies urgentes d’aller à la selle. Dans la RCH, les selles peuvent contenir du sang ou des glaires. Selon l’Assurance Maladie, les rectorragies, c’est-à-dire des saignements par l’anus, concernent plus de 90 % des cas.
La fréquence des selles indique l’intensité d’une poussée. Dans la RCH, elle peut aller de 4 à 20 selles par jour, selon l’étendue et l’intensité des lésions. De fausses envies ou une sensation d’évacuation incomplète sont également possibles.
Les manifestations au-delà de la diarrhée
La maladie de Crohn peut aussi provoquer des ballonnements, de la fièvre et une perte de poids. Elle peut également toucher la région anale : fissures, abcès, fistules ou écoulements. Une inflammation intestinale importante peut entraîner fatigue, perte d’appétit, anémie ou carences. Chez l’enfant, un ralentissement de la prise de poids ou de la croissance peut être un signe de la maladie.
Les MICI peuvent aussi toucher les articulations, la peau, les yeux ou la bouche. L’Assurance Maladie estime que ces manifestations extra-digestives concernent environ 10 % des personnes atteintes de RCH. Ce chiffre varie selon les définitions retenues et les populations étudiées.
Quand demander une évaluation rapide ?
Certains signes justifient une évaluation médicale rapide, même s’ils ne suffisent pas à confirmer une MICI :
Selon l’Assurance Maladie, une RCH avec plus de 6 selles sanglantes par jour, de la fièvre et un amaigrissement rapide doit être évaluée en urgence à l’hôpital. Dans la maladie de Crohn, des vomissements avec arrêt du transit, une douleur inhabituelle ou une suspicion d’abcès ou d’occlusion justifient un bilan rapide. Une sténose, une fistule ou une perforation peuvent en effet compliquer la maladie.
Comment diagnostique-t-on une MICI en France ?
Aucun examen ne confirme à lui seul une MICI. Le médecin rassemble plusieurs éléments : le bilan biologique, l’exploration endoscopique et l’analyse des tissus. Le parcours de soins aboutit ensuite à une prise en charge adaptée.
Analyses de sang et de selles
Le diagnostic d’une MICI combine les symptômes, les analyses biologiques, l’endoscopie, les biopsies et parfois l’imagerie : une prise de sang seule ne suffit pas. Le bilan biologique comprend généralement plusieurs dosages :
L’analyse des selles permet d’écarter une infection. La calprotectine fécale mesure l’inflammation intestinale, mais une valeur élevée n’est pas propre aux MICI. En France, son dosage n’est actuellement pris en charge qu’en établissement hospitalier, selon l’Assurance Maladie.
Endoscopie, biopsies et imagerie
L’iléocoloscopie est l’examen central. Une caméra souple explore le rectum, le côlon et l’iléon terminal, ce qui permet de voir les lésions et de prélever des fragments de tissu pour l’analyse.
La répartition des lésions, décrite plus haut pour chaque maladie, oriente le diagnostic. L’analyse microscopique des biopsies s’interprète toujours avec les symptômes et les images endoscopiques.
Dans la maladie de Crohn, une IRM, une échographie, un scanner ou d’autres examens peuvent compléter l’iléocoloscopie, selon les complications suspectées. Ces examens écartent aussi d’autres causes. Le syndrome de l’intestin irritable, par exemple, donne des symptômes proches, mais sans lésions inflammatoires comparables.
Orientation médicale et ALD
Le médecin traitant oriente habituellement vers un gastro-entérologue une personne qui présente des symptômes évocateurs. En revanche, ne pas attendre un rendez-vous ordinaire en cas de signes de gravité.
En France, une MICI peut relever de l’ALD 24, une affection de longue durée, si le diagnostic repose sur des données cliniques, morphologiques et histologiques. L’exonération est accordée pour 3 ans, puis peut être renouvelée. La prise en charge à 100 % en ALD couvre le tarif de l’Assurance Maladie pour les soins liés à la maladie. Elle ne rembourse pas automatiquement les dépassements d’honoraires ni toutes les dépenses de santé.
Quels traitements et quel suivi pour une MICI ?
Les traitements actuels ne guérissent pas les MICI, mais permettent de contrôler l’inflammation. Ils vont des médicaments de première intention aux thérapies ciblées et, dans certains cas, à la chirurgie. Un suivi régulier vérifie ensuite leur efficacité.
Contrôler les poussées et prévenir les rechutes
La prise en charge vise trois objectifs : obtenir la rémission, prévenir les rechutes et obtenir la cicatrisation de la muqueuse, vérifiée notamment par endoscopie. La disparition des symptômes ne suffit pas toujours à prouver que l’inflammation est contrôlée.
Dans la RCH légère à modérée, le traitement fait souvent appel aux aminosalicylés, comme la mésalazine ou 5-ASA. Des corticoïdes peuvent contrôler certaines poussées par cures courtes, mais ils ne sont pas un traitement d’entretien.
Traitements ciblés et chirurgie
Selon la maladie et sa gravité, des immunomodulateurs ou des immunosuppresseurs peuvent être prescrits. Certains permettent notamment de limiter un recours prolongé aux corticoïdes. D’autres traitements bloquent des cibles précises de l’inflammation, selon les indications : les anti-TNF, les traitements visant les intégrines ou les voies IL-12/IL-23, les inhibiteurs de JAK et, parfois, les modulateurs de la voie S1P.
La chirurgie n’a pas le même rôle dans les deux maladies. Dans la maladie de Crohn, elle peut traiter une complication sans guérir la maladie. Dans la RCH, l’ablation du côlon et du rectum peut être nécessaire, et elle peut alors guérir l’atteinte colique.
Suivi et précautions au quotidien
Les symptômes ne reflètent pas toujours l’activité inflammatoire. C’est pourquoi le suivi s’appuie sur des mesures objectives : CRP, calprotectine fécale, endoscopie ou imagerie.
Le suivi porte aussi sur l’état nutritionnel, les carences, la tolérance des traitements, les risques infectieux et les vaccinations. Dans une RCH colique étendue et ancienne, une surveillance endoscopique est nécessaire, car le risque de cancer colorectal est plus élevé.
De nouveaux symptômes ne signalent pas toujours une poussée. Le médecin doit d’abord écarter une infection, un trouble fonctionnel, une sténose ou un effet du traitement. Évitez de prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens sans avis médical. Le lopéramide est également déconseillé pendant une poussée aiguë de RCH, car il expose à une complication grave de la colite.
Quelle place pour l’alimentation et les compléments ?
L’alimentation ne guérit pas une MICI, mais elle contribue à préserver l’état nutritionnel. Les recommandations varient selon la maladie et son activité. Les compléments occupent, eux, une place secondaire, qu’il faut évaluer avec rigueur.
Adapter l’alimentation à sa situation
Aucun régime ne convient à toutes les MICI. L’alimentation dépend de la maladie, de son activité, des symptômes et de l’état nutritionnel. Elle sert surtout à prévenir la dénutrition et les carences, sans remplacer les traitements. Les ajustements possibles dépendent de chaque situation :
La nutrition entérale exclusive, reconnue par le consensus ECCO 2025, a une place particulièrement importante dans certaines formes de l’enfant.
Ce que les données permettent de recommander
Dans la RCH, en revanche, le consensus ECCO 2025 ne recommande aucune intervention alimentaire pour obtenir une rémission. Une fois la rémission obtenue, une alimentation de type méditerranéen peut être envisagée en complément des soins. Le même consensus conseille de limiter les aliments ultra-transformés, sans les exclure totalement. Un régime pauvre en FODMAP peut soulager des troubles de type intestin irritable, mais ne traite pas l’inflammation.
Les compléments ne sont pas recommandés pour maintenir la rémission. Les études précliniques sur la phycocyanine et l’astaxanthine ne démontrent pas d’effet chez les personnes atteintes de Crohn ou de RCH. Une méta-analyse publiée en 2022, portant sur 12 essais et 380 participants, n’a pas non plus montré d’efficacité de l’astaxanthine dans ces maladies.
Les extraits de phycocyanine de Cyanophy
Cyanophy présente PHYCEA PROTECT en unidoses de phycocyanine comme un complément d’accompagnement de l’équilibre inflammatoire, et non comme un traitement des MICI. Chaque unidose de 10 ml apporte 120 mg de C-phycocyanine, extraite de Spirulina platensis bio. PHYCEA PROTECT PURE en poche stérile de 500 ml, sans glycérol ni alcool, contient 12 000 mg/L de phycocyanine : 10 ml en apportent 120 mg, et 20 ml en apportent 240 mg. Après ouverture, il se conserve entre 4 °C et 6 °C, à l’abri de la lumière. PHYCEA 40, sa formule la plus concentrée, est titré à 40 000 mg/L, soit 400 mg de C-phycocyanine par unidose de 10 ml. En cas de MICI ou de traitement en cours, Cyanophy recommande de demander l’avis d’un professionnel de santé avant d’utiliser ces compléments, qui ne remplacent pas les soins prescrits.
Foire aux questions
Peut-on guérir d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin ?
Les traitements médicaux ne guérissent pas les MICI. Ils permettent d’obtenir une rémission, de prévenir les rechutes et de limiter les complications. La chirurgie peut guérir l’atteinte colique de la RCH lorsqu’elle retire le côlon et le rectum. Dans la maladie de Crohn, une opération ne guérit pas la maladie.
Quels aliments faut-il éviter en cas d’inflammation chronique de l’intestin ?
Il n’est pas recommandé d’exclure des aliments de façon systématique. En dehors d’une poussée, l’Assurance Maladie indique que l’alimentation ne déclenche pas l’inflammation de la RCH et ne change pas son évolution. Supprimer durablement fruits, légumes, fibres, céréales ou légumineuses peut entraîner des carences. Un avis diététique est utile en cas d’amaigrissement, de chirurgie ou d’alimentation très restrictive.
Peut-on arrêter son traitement quand les symptômes ont disparu ?
Arrêter son traitement parce que les symptômes ont disparu peut être une erreur, car l’inflammation peut persister. À l’inverse, des troubles digestifs peuvent continuer alors que l’inflammation est contrôlée. Seul le médecin peut juger de l’évolution, à l’aide des examens de suivi.
Les informations de cet article ne constituent pas un avis médical. Elles ne remplacent pas une consultation avec un professionnel de santé.
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